Chanel, espionne nazie ? Renault collaborateur ? Coca Cola sponsor du parti à l’idéologie antisémite et raciste ?

On savait déjà beaucoup de choses sur les amitiés troubles de Coco Chanel pendant les années d’occupation mais c’est sa nouvelle biographie sortie aux USA, le 16 août, qui vient porter le coup fatal au symbole de l’élégance à la française avec des révélations fracassantes. Dans son livre Sleeping with the enemy, Coco Chanel secret war (Coucher avec l’ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel) consacré à la créatrice, modiste et styliste française, l’auteur Hal Vaughan, spécialiste de la seconde guerre mondiale achève le mythe : « Férocement antisémite bien avant que cela soit un moyen de plaire à l’occupant allemand, elle devint riche en se faisant apprécier des très riches et partageait leur détestation des Juifs, des syndicats, des francs-maçons, des Socialistes et du communisme. Elle estimait après 1933 que Hitler était un grand européen. »
Pire encore, Gabrielle Bonheur Chanel dite Coco Chanel aurait même été inspirée par le costume militaire allemand, puisqu’elle aurait « couché avec l’ennemi », en l’occurrence le Baron Hans Günther von Dinklage qui se se serait servi de la jeune femme comme intermédiaire dans une tentative assez irréaliste de paix séparée avec la Grande-Bretagne.
A la libération, Coco Chanel n’a pas été inculpée, sans doute grâce à l’amitié que lui portait les grands de ce monde et notamment Winston Churchill.
Même si cette femme restera pour toujours un symbole de l’élégance française, ce nouvel ouvrage abîme sérieusement son statut d’icône de la mode et ce malgré le soutien du magazine The Daily Beast qui rappelle que « premièrement, elle était un génie qui a changé totalement la façon dont les femmes s’habillent et se voient. Deuxièmement, elle était une femme d’affaires brillante et sans scrupules et troisièmement, elle était trop naïve politiquement pour réaliser qu’elle était du coté des perdants ou pour faire habilement la délicate transition de la collaboration totale, vers la collaboration à reculons pour finir par l’enthousiasme pour De Gaulle et les alliés», écrit un éditorialiste du journal.
Plusieurs films ont déjà été consacré au mythe, tous omettant de mentionner le comportement trouble de Coco Chanel entre 1939 et 1945.

Le scandale quant aux rumeurs de collaboration ne touchent pas seulement la maison Chanel.
Louis Renault aussi a été accusé, à la Libération, de collaboration avec l’armée allemande. Les usines Renault (Groupe) ont même été sous administration allemande et ont grandement participé à l’effort de guerre, à ce motif elles furent confisquées et nationalisées.
L’entreprise Photomaton a également proposé ses services à l’occupant : « Nous pensons que le rassemblement de certaines catégories d’individus de race juive dans des camps de concentration aura pour conséquence administrative la constitution d’un dossier, d’une fiche ou carte, etc. Spécialistes des questions ayant trait à l’« identité », nous nous permettons d’attirer particulièrement votre attention sur l’intérêt que présentent nos machines automatiques Photomaton susceptibles de photographier un millier de personnes en six poses et ce en une journée ordinaire de travail. »
Des entreprises du BTP (comme Sainrapt et Brice) et des cimenteries (Vicat) ont participé à la construction du mur de l’Atlantique.
La Banque Worms était quant à elle bien introduite au sein du régime de Vichy, avec notamment Jacques Barnaud responsable des relations économique franco-allemandes et Pierre Pucheu.
Coca Cola a un passé plutôt sombre, en 1928, le PDG de la boisson n°1 mondiale a été invité par Göring et Goebbels à visiter l’Allemagne nazie. Même si la marque se défend ne pas avoir partagé l’idéologie antisémite et raciste, elle est allée jusqu’à sponsoriser le journal radio du IIIe Reich. En 1937, peu avant que la guerre n’éclate, une attraction a été construite par la marque lors d’une exposition à Berlin, mettant en scène des ouvriers aux allures de héros. Et donc, de soutenir l’idéologie social-nationaliste de ce qui deviendra plus tard le parti nazi. Cinq ans plus tard, en 1942, le président américain Roosevelt a accordé à la boisson le statut de « fournisseur de guerre ». Ainsi, l’Allemagne nazie est devenue le deuxième client de Coca Cola, juste après les Etats-Unis. Elle a notamment connu un boom lors des jeux olympiques organisés par le IIIe Reich à Berlin.
Plus récemment le livre « The Coke machine » écrit par le journaliste Michael Blanding a fait scandale aux Etats-Unis. Dans cet ouvrage on apprend que la marque pollue abondamment en Inde et au Mexique, ou encore irait jusqu’à faire assassiner ses employés au Guatemala et en Colombie.

Anaïs N.
anais@neptuli.com

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